L'interview de Nat Suprise : DJ berlinoise résidente au Der Weiss Haze
L'équipe du site a reçu l'exclusivité d'une interview de Nat Suprise où elle revient sur son expérience de la scène musicale et nocturne berlinoise et nous raconte son expérience à travers une série de questions / réponses passionantes ! Nous espérons que vous apprécierez la sincérité et le contenu de l'interview comme nous l'avons savouré lors de la première lecture. On remercie Natalia pour sa sincérité et sa transparence ainsi que sa gentillesse avec la scène française.
Pour l'anecdote, nous avons envoyé les questions en allemand puis traduit par la suite l'interview. Vous trouverez l'originale en bas de l'article si vous êtes à l'aise en allemand.
10 questions sur la vie nocturne berlinoise en tant qu'artiste
Question 1 : Depuis combien de temps es-tu DJ ?
Nat : Depuis 2016, je joue dans des clubs et dans des festivals. Mais tout a commencé de manière complètement différente! Notamment dans ma colocation à Friedrichshain. On avait l’impression qu’il y avait toujours une fête, c’était chaotique, bruyant, et je n’avais aucune idée de ce que je faisais – mais ça me semblait parfaitement juste dans les sons et les notes. Il n’y avait pas de ligne conductrice, juste une bonne sensation et de bonnes vibrations.
Question 2 : Comment as-tu appris le métier de DJ ? Raconte nous ton parcours jusqu’à aujourd’hui.
Nat : À l’origine, je voulais devenir danseuse, puis, de tout mon cœur, actrice aux États-Unis – le rêve classique d’Hollywood. Mais d’une manière ou d’une autre, la musique m’a toujours rattrapée. J’ai passé beaucoup de temps dans des studios, à observer des musiciens et des producteurs. J’écrivais, je chantais, je dansais – mais toujours de façon à ce que personne ne me remarque trop au cas où je ferais des erreurs. Des erreurs ? Impossible. Risque de panique totale.
Ensuite, j’ai déménagé à Londres parce que c’était plus proche de ma famille. Mais lorsque je suis retournée à Berlin, la ville m’a complètement absorbée. Ici, dans la capitale de l’électro, tout le monde avait des platines. Alors, je me suis dit : pourquoi pas ? Mixer a été comme une révélation. J’avais la technique devant moi et je pouvais presque me cacher derrière, au cas où quelque chose tournerait mal. Ironique, non ? J’ai beaucoup appris de la scène, des vétérans qui respirent et vivent cette ville. Puis, les festivals sont arrivés – comme le Feel Festival en 2018, où j’ai joué pendant onze heures d’affilée. Je me souviens de ces moments où, après plusieurs jours sans dormir, je ressentais encore cette énergie infinie au milieu de la foule.
Pendant le Covid, je me suis entièrement concentrée sur le streaming : Twitch, TikTok, tout y est passé. C’était isolé, mais en même temps tellement créatif. Et soudain, quand les clubs ont rouvert, tout a explosé. Les gens voulaient faire la fête – et j’étais en plein dedans.
Aujourd’hui, je suis DJ à plein temps, je produis mes propres morceaux et je joue régulièrement dans des clubs comme le Weißen Hasen, le KitKat ou le Sisyphos. Mais peu importe à quel point les concerts deviennent importants, je porte toujours avec moi cette énergie de fête à domicile de Friedrichshain.
Question 3 : Est-il difficile de trouver des gigs* à Berlin et de se faire un nom ?
Nat : Berlin compte plus de DJs que de kiosques de nuit (= clubs / bars, etc). Parfois, on se croirait à Los Angeles ou à Londres, où tout le monde est acteur et sert des cocktails à côté. La compétition est immense, et sans un réseau solide, de vraies compétences et une bonne dose de persévérance, tu es vite oublié. Il faut être présent, non seulement lors des événements, mais aussi sur les réseaux sociaux. C’est parfois difficile pour des gens comme moi, un peu plus introvertis. Mais bon, si je veux que les gens fassent tourner mes morceaux, je dois aussi leur montrer que j’existe.
La scène a changé. Aujourd’hui, on voit des DJs qui brillent par leur marketing, mais manquent souvent de compétences derrière les platines. C’est dur de voir quelqu’un être booké pour sa présence en ligne alors que ses compétences laissent à désirer. Mais j’ai appris à être patiente. Je prends le temps d’apprendre les choses correctement. Et quand je maîtrise quelque chose, c’est avec passion, cœur et cette petite touche en plus qui fait la différence.
* GIGS (Lieu de moyenne envergure pour réaliser un show/concert)
Question 4 : Penses-tu qu’il est plus difficile de s’imposer en tant que femme DJ ?
Nat : Oui et non. Ce n’est un secret pour personne que la scène des clubs a été dominée par les hommes pendant longtemps – et cela a laissé des traces. Pour beaucoup de femmes, cela signifiait : se serrer les coudes, rester forte et prouver en permanence que tu n’es pas bookée juste pour ton apparence ou ton genre. On disait souvent que les femmes n’y connaissaient rien au mix – comme si le talent était une affaire de chromosomes.
Mais ce n’est pas qu’une question de femmes. La culture club a évolué, et aujourd’hui, on voit davantage de diversité – pas seulement chez les FLINTA* (femmes, lesbiennes, intersexes, non-binaires, trans et agenres), mais aussi chez les artistes LGBTQIA+. Néanmoins, le chemin reste semé d’embûches, car les préjugés et les structures de pouvoir sont tenaces.
Il y a eu des erreurs dans cette évolution. Certains clubs ont voulu envoyer un message en programmant des DJ femmes ou des artistes FLINTA*, mais si la performance n’était pas à la hauteur, cela a terni la réputation, non pas de l’individu, mais de tout un groupe. C’est injuste, mais cela change également. Aujourd’hui, on en est à un stade où la qualité prime sur les clichés. Les femmes, les artistes queers et les groupes marginalisés insufflent un vent nouveau dans la scène, apportant des perspectives et des sonorités qui enrichissent la musique électronique.
Le chemin n’est pas plus facile pour les femmes, les artistes non-binaires ou les DJ queers – il est simplement différent. Cela demande de la persévérance et une grande confiance en soi, mais cela dépasse la question du genre ou de l’identité. La scène club berlinoise devient plus ouverte, et c’est une évolution qui mérite d’être célébrée. Cependant, il reste encore un long chemin à parcourir avant que la diversité ne soit plus un manifeste, mais devienne la norme.
Question 5 : Comment décrirais-tu ton style musical ?
Nat : Pour moi, l’Acid Techno est plus qu’un simple genre – c’est un état d’esprit. En particulier le « Peak Time » : entraînant, énergique, sans compromis. C’est un son qui t’attrape, peu importe où tu te trouves, et te pousse directement sur la piste de danse.
Pour moi, l’Acid Techno, c’est comme un dialogue entre la machine et l’émotion. La basse raconte des histoires, les mélodies t’emportent dans un autre cosmos, et l’énergie est si intense que tu dois juste te laisser aller. C’est comme si, pendant un instant, tu pouvais tout lâcher – le stress, les soucis, la réalité – et ne te concentrer que sur le beat.
Surtout à Berlin, mon son se sent chez lui. Ici, la piste de danse est bien plus qu’un simple endroit où l’on danse. C’est un espace où les inconnus deviennent une seule et même entité, où la basse devient le battement de cœur de tous. L’énergie d’une nuit entière dans un club berlinois est quelque chose de magique, et c’est précisément cette magie que j’essaie de capturer avec ma musique.
La techno, c’est de l’énergie pure, mais aussi une forme de liberté, une expression de ce qui nous unit.
Question 6 : Quels sont tes plans pour l’avenir ?
Nat : Cette année sera placée sous le signe du changement et de la croissance pour moi. Je travaille actuellement sur de nouveaux morceaux, et mon prochain EP sortira au printemps. C’est un moment très particulier de pouvoir partager sa propre musique avec le monde – une partie de toi devient tangible, audible, et cela me remplit d’excitation à chaque fois. De plus, j’aimerais collaborer davantage avec des agences pour élargir ma portée et ouvrir de nouvelles portes. Ces dernières années, j’étais souvent ancrée à Berlin, ce qui ressemblait parfois à un port sûr, mais aussi à une ancre. À partir du milieu de l’année, j’aurai enfin plus de liberté pour partir en tournée. Je suis impatiente de découvrir de nouveaux lieux, de vivre d’autres cultures et de me connecter avec des gens qui ressentent ma musique.
La musique a cette capacité unique de transcender les frontières – elle nous unit, peu importe d’où l’on vient. Et c’est exactement ce que je veux : apporter mon énergie sur les pistes de danse du monde entier, éveiller des émotions et créer des souvenirs qui restent.
Question 7 : Penses-tu que Berlin est un monde à part dans le domaine de la musique techno ?
Nat : Absolument. Berlin a son propre style, son propre rythme, ses propres règles. C’est un véritable creuset d’artistes venus des quatre coins du monde, mais son essence reste authentique. En ce moment, avec la fermeture ou la transformation de certains clubs techno légendaires, il sera intéressant de voir comment la scène va réagir.
Un événement comme « Rave The Planet » montre que l’esprit d’autrefois – l’énergie de la génération Love Parade – vit encore dans la ville. Mais la nouvelle génération veut plus : elle ne cherche pas seulement la fête, mais des expériences, quelque chose de significatif. À mon avis, l’avenir de la scène club berlinoise réside dans l’alliance entre tradition et innovation.
Question 8 : As-tu l’intention de jouer dans d’autres pays ?
Nat : Oui, j’ai déjà joué en Espagne, en Italie, en Pologne et en Autriche. L’énergie est différente dans chaque pays, et c’est ce qui rend l’expérience si passionnante. Cette année, j’envisage peut-être de me rendre à Los Angeles – un petit rêve que je caresse depuis longtemps. J’y ai encore des contacts de l’époque où je vivais aux États-Unis, et je passerai peut-être quelques jours en studio pour travailler sur de nouvelles idées.
J’adore découvrir la culture et les scènes d’autres pays, mais Berlin reste ma base. Il n’y a rien de comparable.
Question 9 : Penses-tu qu’un étranger, par exemple un Français, qui correspond au style musical berlinois, peut s’intégrer dans la scène club de Berlin ?
Nat : Bien sûr, si tu as la motivation, la passion et la persévérance. Il ne s’agit pas de savoir si tu viens de Berlin, de France ou d’ailleurs – il s’agit de ta vision et de ton engagement.
Berlin offre de la place aux esprits créatifs du monde entier. L’essentiel, c’est de rester fidèle à ton propre style et de le défendre. Si tu ne te laisses pas décourager par les faibles cachets des DJ, le stress du quotidien ou les revers, tu peux trouver ta place ici.
Mon conseil : sois authentique, sociable et amuse-toi. Et si ça devient difficile, écris-moi – je connais bien les hauts et les bas de la vie d’artiste. Peu importe où tu finis par atterrir : cela vaut la peine de poursuivre ton rêve.
Question 10 : Peut-on vivre des cachets de DJ à Berlin ?
Nat : Si on parle de la scène underground, la réponse honnête est : non, pas vraiment. Les cachets sont bas, et Berlin te paie surtout en amour et en légende – mais malheureusement, ça ne permet pas de payer un loyer.
J’ai moi-même eu un job à côté jusqu’à il y a deux ans. En tant que DJ, tu dois être créatif, pas seulement dans ta musique. Faire des tournées, produire, organiser tes propres événements – ce sont les éléments qui te permettent de tenir à flot. Et quand c’est vraiment difficile, tu dois parfois accepter de mixer à des mariages ou des événements d’entreprise. Oui, il y a des moments où tu te dis : « Pourquoi suis-je en train de mixer ‘Despacito’ pour Tante Monique au lieu d’un set Acid pour la foule du Berghain ? » Mais bon, ça fait aussi partie du métier.
La vérité, c’est que ce métier a bien plus de facettes que les gens ne l’imaginent. Et peut-être que c’est justement ça, la tendance : en tant qu’artiste, ne pas être seulement DJ, mais devenir une marque. Il s’agit de construire ta communauté, de définir ton propre son, tout en trouvant l’équilibre entre l’art et les moyens de subsistance.
Le charme de Berlin, c’est qu’elle t’inspire – mais elle te met aussi à l’épreuve. Et je crois que c’est ce qui rend cette ville si unique.
Version allemande de l'interview
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Version allemande: Klicken Sie hier, um das Interview mit Nat Suprise in der deutschen (originalen) Version zu sehen.
Frage: Wie lange bist du schon DJ?
Nat: Seit 2016 spiele ich in Clubs und auf Festivals – aber angefangen hat alles ganz anders. In meiner WG in Friedrichshain, wo es gefühlt immer Party gab. Es war chaotisch, laut, und ich hatte keine Ahnung, was ich da tat – aber es fühlte sich genau richtig an. Da war kein großer Masterplan, sondern einfach ein gutes Gefühl.
Frage: Wie hast du den Beruf des DJs erlernt? Erzähl uns von deinem Werdegang bis heute.
Nat: Ursprünglich wollte ich mal Tänzerin werden und dann von ganzem Herzen Schauspielerin in den USA – der klassische Traum von Hollywood. Aber irgendwie hat mich die Musik immer wieder eingeholt. Ich habe viel Zeit in Studios verbracht, Musikern und Produzenten zugesehen. Ich habe selbst geschrieben, gesungen, getanzt – aber immer so, dass mich bloß keiner zu sehr beachtet, falls ich mal Mist baue. Fehler? No-go. Blackout-Gefahr.
Dann bin ich nach London gezogen, weil’s näher an der Heimat war. Doch als ich zurück nach Berlin kam, hat die Stadt mich komplett verschluckt. Hier, in der Elektro-Hochburg, hatte jeder Turntables. Also dachte ich: Warum nicht? Das Auflegen war wie ein Aha-Moment. Ich hatte die Technik vor mir und konnte mich fast schon dahinter verstecken, falls mal was schiefging. Ironisch, oder?
Ich habe viel von der Szene gelernt, von den alten Hasen, die diese Stadt atmen und leben. Und dann kamen die Festivals – wie das Feel Festival 2018, wo ich elf Stunden am Stück gespielt habe. Ich erinnere mich daran, wie ich nach Tagen ohne Schlaf immer noch in der Crowd diese unendliche Energie gespürt habe.
Während Corona habe ich mich voll auf Streaming konzentriert: Twitch, TikTok, alles war dabei. Es war isoliert, aber gleichzeitig so kreativ. Und plötzlich, als die Clubs wieder öffneten, ging alles durch die Decke. Die Leute wollten feiern – und ich war mittendrin.
Heute bin ich Vollzeit-DJ, produziere meine eigenen Tracks und spiele regelmäßig in Clubs wie dem Weißen Hasen, KitKat oder Sisyphos. Aber egal, wie groß die Gigs werden, ich trage diese Hausparty-Energie aus Friedrichshain immer in mir.
Frage: Ist es schwierig, in Berlin Auftritte zu finden und sich einen Namen zu machen?
Nat: Berlin hat mehr DJs als Spätis. Es fühlt sich manchmal an wie in Los Angeles oder London, wo jeder Schauspieler ist und nebenbei Drinks mixt. Der Wettbewerb ist riesig, und ohne ein starkes Netzwerk, echte Skills und eine große Portion Durchhaltevermögen bist du schnell vergessen. Du musst präsent sein, nicht nur auf Events, sondern auch auf Social Media. Das ist manchmal hart für Leute wie mich, die etwas introvertierter sind. Aber hey, wenn ich will, dass die Leute meine Tracks pumpen, muss ich ihnen auch zeigen, dass ich existiere.
Die Szene hat sich verändert. Heute sehen wir DJs, die mit krassem Marketing glänzen, aber hinter den Decks oft schwächeln. Es ist schwer, zuzusehen, wenn jemand wegen seiner Online-Präsenz gebucht wird, obwohl die Skills fehlen. Aber ich habe gelernt, geduldig zu sein. Ich nehme mir Zeit, um etwas richtig zu lernen. Und wenn ich’s draufhab, dann mit Leidenschaft, Herz und dem gewissen Etwas, das den Unterschied macht.
Frage: Glaubst du, dass es als Frau schwieriger ist, sich als DJ durchzusetzen?
Nat: Ja und nein. Es ist kein Geheimnis, dass die Clubszene lange Zeit von Männern dominiert wurde – und das hat Spuren hinterlassen. Für viele Frauen bedeutete das: Ellbogen raus, stark bleiben, ständig beweisen, dass du nicht nur wegen deiner Optik oder deines Geschlechts buchbar bist. Es hieß oft, Frauen hätten keine Ahnung vom Auflegen – als wäre Talent an Chromosomen gebunden.
Aber es ist mehr als nur ein „Frauenthema“. Die Clubkultur hat sich weiterentwickelt, und heute sehen wir mehr Diversität – nicht nur bei FLINTA*, sondern auch bei LGBTQIA+ Artists. Trotzdem bleibt der Weg steinig, denn Vorurteile und Machtstrukturen sind hartnäckig.
Natürlich gab es auch Fehler in der Entwicklung. Einige Clubs wollten ein Zeichen setzen und weibliche DJs oder FLINTA*-Acts buchen, aber wenn die Performance nicht stark war, hat das dem Ruf geschadet – nicht der Einzelperson, sondern der gesamten Gruppe. Das ist unfair, aber auch das ändert sich. Wir sind jetzt an einem Punkt, wo Qualität mehr zählt als Klischees. Frauen, queere Artists und marginalisierte Gruppen bringen frischen Wind in die Szene, neue Perspektiven und Sounds, die die elektronische Musik bereichern.
Der Weg ist nicht leichter für Frauen, nicht-binäre Künstler oder queere DJs – sie sind anders. Es braucht Durchhaltevermögen und den Glauben an sich selbst, aber das ist unabhängig vom Geschlecht oder der Identität. Die Clubszene von Berlin wird offener, und das ist eine Entwicklung, die gefeiert werden sollte. Doch wir haben noch einen langen Weg vor uns, bis Diversität kein Statement mehr ist, sondern Normalität.
Frage: Wie würdest du deinen Musikstil beschreiben?
Nat: Acid Techno ist für mich mehr als nur ein Genre – es ist ein Lebensgefühl. Besonders Peak Time: treibend, energetisch, kompromisslos. Es ist der Sound, der dich packt, egal wo du gerade stehst, und dich direkt auf die Tanzfläche zieht.
Für mich ist Acid Techno wie ein Dialog zwischen Maschine und Emotion. Der Bass erzählt Geschichten, die Melodien ziehen dich in einen anderen Kosmos, und die Energie ist so intensiv, dass du dich einfach fallen lassen musst. Es ist, als ob du alles für einen Moment loslassen kannst – Stress, Sorgen, die Realität – und dich nur noch auf den Beat konzentrierst.
Besonders in Berlin fühlt sich mein Sound zu Hause. Hier ist die Tanzfläche mehr als nur ein Ort, um zu tanzen. Es ist ein Raum, wo Fremde zu einer Einheit werden, wo der Bass der Herzschlag von allen ist. Die Energie einer vollen Berliner Clubnacht ist etwas Magisches, und genau diese Magie versuche ich mit meiner Musik einzufangen.
Techno ist pure Energie, und auch eine Art von Freiheit, ein Ausdruck dessen, was uns verbindet.
Frage: Welche Pläne hast du für die Zukunft?
Nat: Dieses Jahr steht für mich im Zeichen von Veränderung und Wachstum. Ich arbeite gerade an neuen Tracks, und meine nächste EP wird im Frühjahr erscheinen. Es ist ein ganz besonderer Moment, wenn man die eigene Musik mit der Welt teilen kann – ein Teil von dir wird greifbar, hörbar, und das erfüllt mich jedes Mal mit Aufregung. Außerdem möchte ich stärker mit Agenturen zusammenarbeiten, um meine Reichweite zu erhöhen und neue Türen zu öffnen. Die letzten Jahre war ich oft an Berlin gebunden, was manchmal wie ein sicherer Hafen war, aber auch wie ein Anker. Ab Mitte des Jahres habe ich endlich mehr Freiraum, um zu touren. Ich freue mich unglaublich darauf, neue Orte zu entdecken, andere Kulturen zu erleben und mit Menschen in Verbindung zu treten, die meine Musik fühlen. Musik hat diese einzigartige Fähigkeit, Grenzen zu überschreiten – sie verbindet uns, egal woher wir kommen. Und das ist genau das, was ich will: meine Energie auf die Tanzflächen der Welt bringen, Emotionen wecken und Erinnerungen schaffen, die bleiben.
Frage: Glaubst du, dass Berlin eine eigene Welt im Bereich der Techno-Musik ist?
Nat: Absolut. Berlin hat seinen eigenen Stil, sein eigenes Tempo, seine eigenen Regeln. Es ist ein Schmelztiegel für Künstler aus der ganzen Welt, aber der Kern bleibt authentisch. Gerade jetzt, wo einige legendäre Techno-Clubs schließen oder sich verändern, wird spannend sein, wie die Szene darauf reagiert.
Ein Event wie „Rave The Planet“ zeigt, dass der Spirit von damals – die Energie der Love-Parade-Generation – immer noch in der Stadt lebt. Aber die neue Generation will mehr: Sie sucht nicht nur Party, sondern Erlebnisse, etwas mit Bedeutung. Die Zukunft der Berliner Clubszene liegt meiner Meinung nach in der Verbindung von Tradition und Innovation.
Frage: Hast du vor, auch in anderen Ländern aufzulegen?
Nat: Ja, ich war schon in Spanien, Italien, Polen und Österreich unterwegs. Die Energie in jedem Land ist anders, und das macht es so spannend. Dieses Jahr steht eventuell Los Angeles auf dem Plan – ein kleiner Traum von mir. Dort habe ich noch Kontakte aus meiner Zeit in den USA, und vielleicht verbringe ich ein paar Tage im Studio, um an neuen Ideen zu arbeiten.
Ich liebe es, die Kultur und die Szenen anderer Länder zu erleben, aber Berlin bleibt meine Basis. Es gibt nichts Vergleichbares.
Frage: Denkst du, dass ein Ausländer, z.B. ein Franzose, der zum Berliner Musikstil passt, in der Berliner Clubszene Fuß fassen kann?
Nat: Sicher, wenn du den Drive, die Passion und das Durchhaltevermögen hast. Es geht nicht darum, ob du aus Berlin, Frankreich oder sonst woher kommst – es geht um deine Vision und dein Engagement.
Berlin hat Platz für kreative Köpfe aus aller Welt. Wichtig ist nur, dass du dein eigenes Ding machst und dahinterstehst. Wenn du dich von niedrigen DJ-Gagen, Stress im Alltag oder Rückschlägen nicht unterkriegen lässt, kannst du hier deinen Platz finden.
Mein Tipp: Sei authentisch, sozial und hab Spaß dabei. Und wenn es mal schwierig wird, schreib mir – ich kenne die Höhen und Tiefen des Künstler-Lebens nur zu gut. Egal, wo du am Ende landest: Es ist die Erfahrung wert, deinen Traum zu verfolgen.
Frage: Kann man als DJ in Berlin von den Gagen leben?
Nat: Wenn wir von der Underground-Szene sprechen, lautet die ehrliche Antwort: Nein, nicht wirklich. Die Gagen sind niedrig, und Berlin zahlt dir in erster Linie in Liebe und Legendenstatus – aber davon kannst du leider keine Miete zahlen.
Ich selbst hatte bis vor zwei Jahren auch immer einen Nebenjob. Als DJ musst du kreativ sein, nicht nur in deiner Musik. Touren, produzieren, eigene Events veranstalten – das sind die Bausteine, die dich über Wasser halten. Oder, wenn’s hart auf hart kommt, musst du mal ein paar Hochzeiten oder Corporate-Events mitnehmen. Ja, es gibt Momente, wo du denkst: „Warum mixe ich hier ‘Despacito’ für Tante Monika statt Acid für die Crowd im Berghain?“ Aber hey, auch das gehört dazu.
Die Wahrheit ist, dass der Beruf mehr Facetten hat, als die Leute denken. Und vielleicht ist genau das der Trend: Als Künstler nicht nur ein DJ, sondern eine Marke zu sein. Es geht darum, deine Community aufzubauen, deinen Sound zu definieren und gleichzeitig in dieser Balance zwischen Kunst und Lebensunterhalt zu stehen.
Der Hype in Berlin ist, dass die Stadt dich inspiriert – aber sie fordert auch. Und ich glaube, das ist, was sie so besonders macht.
Remerciement
Merci à Nat Suprise, aux artistes, aux clubs , à nos lecteurs et à nos fidèles followers qui nous permettent de réaliser nightlife-in-berlin.com et à promouvoir du contenu de qualité pour notre communauté. N'hésitez pas à nous faire des retours, à commenter ou à nous écrire sur Instagram ou par mail afin d'échanger avec l'équipe.



