Interview KiTTS DJ Bochka lyonnaise

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KITTS Interview

On vous propose une interview exclusive de l'artiste KiTTS qui nous envois directement des sons percutants et sombre sous son style "Bochka techno". On est complétement fan sur NiB de son style et on a décidé de vous la faire découvrir aujourd'hui !

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L'interview de KiTTS : artiste lyonnaise qu'on espère voir à Berlin !

Nous avons le plaisir de vous présenter KiTTS, une artiste particulièrement talentueuse de la scène hard techno lyonnaise. Nous l'avons rencontrée lors de plusieurs gigs à Lyon, notamment au cœur de nuits underground où la techno industrielle bat son plein.

Depuis ses premières apparitions à Lyon, Fabien la suit dans de nombreux événements lyonnais, comme à la Halle Tony Garnier, au Room45, au Sound Factory ou au Petit Salon. D'ailleurs, n'hésitez pas à consulter notre section dédiée aux sorties techno lyonnaises dans cet article.

Nous tenons à mettre en avant sa bochka techno et ses sons très dark, qui, nous l'espérons, sauront vous donner envie de la découvrir. En plus de son talent pour la musique électronique, KITTS est une personne solaire, humaine, agréable et avec qui il est très facile d'échanger ! Nous la suivons de très près et espérons pouvoir faire découvrir son univers et son talent à nos contacts berlinois.

12 questions sur la vie nocturne lyonnaise en tant qu'artiste Bochka Techno

Question 1 : Peux-tu te présenter ? D’où es-tu originaire, quel âge as-tu et quel est ton parcours ?

KiTTS: Je m’appelle Alexandra, j’ai 28 ans et je suis originaire de Lyon. Ma production sur scène a commencé en octobre 2022 dans un petit bar qui s’appelait le Maxine’s à Lyon (celui-ci n’existe plus) et depuis je suis passée par pas mal d’évènements, notamment 2 éditions de ReperkuSound, une édition d’Evasion Festival, mais encore un bel évènement au C12 (Brussels), mais aussi à la Halle Tony Garnier.

Question 2 : Depuis combien de temps fais-tu de la musique ? Raconte-nous un peu ton évolution : as-tu toujours été dans la musique électronique ?

KiTTS: Ça fait presque 4 ans que je fais de la musique maintenant. Depuis toute petite j’ai toujours adoré la musique électronique. J’ai toujours eu des CD gravés de ma tante qui nous mettait toujours du Benny Benassi. Encore aujourd’hui j’en écoute et je m’en lasserai jamais :’)
A côté de ça je suis une grande adepte de dubstep, les gros bruits électroniques agressifs m’animent et surtout me permettent de me défouler. J’ai d’ailleurs récemment découvert une artiste qui propose un bel univers, je vais essayer de l’intégrer dans mes sets voire de m’en inspirer pour mes productions !

Question 3 : On sait que ton style musical est plutôt imprégné par l’industriel et la bochka techno mais comment décrirais-tu le style musical que tu joues ? Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans ce genre en particulier ?

KiTTS: J’ai choisi de m’orienter vers de la techno industrielle et la bochka pour leurs kicks très profonds sans forcément avoir de mélodie trop imposante qui change complètement l’ambiance sombre. Tant que le kick tape bien dans les basses fréquence, je sors ma bass face. Il faut savoir que je ne suis pas une grande fan de mélodie à l’origine, je m’y ouvre de plus en plus si cela colle bien à l’ambiance des sets que je veux proposer. Les seules mélodies qui me mettent toujours d’accord sont celles qui sont cinématiques/épiques.
J’en profite pour dire qu’aujourd’hui, les gens confondent « Industrial Techno » et « Hard Industrial » en effet certains disent « je joue de l’indus » alors qu’ils parlent en fait de hard indus.

L’industrial techno, pour moi, c’est une ambiance mécanique, parfois sombre, plutôt monotone et hypnotique dans sa structure. Elle joue sur la répétition et la tension plutôt que sur les ruptures. La Hard Industrial, elle, pousse sur une ambiance plus frontale : des vrais drops, des ruptures marquées (comme une structure de musique Hard Techno mais avec des éléments industriel tirés de « la vraie indus ») elle a aussi un rythme généralement plus rapide et des kicks plus distordus.

Question 4 : D'où vient ton nom de scène, KiTTS ?

KiTTS: Avant d’être DJ, j’ai été danseuse (hip-hop principalement) et je postais des vidéos de mes danses sur les réseaux. Mon nom de danseuse était « STTIK ». Un jour je me suis fait les croisés, je devais donc dire adieu à ma première passion. Etant déjà allée dans des raves/soirées techno j’aimais déjà beaucoup ce style. Mon ex avait un petit contrôleur Serato à l’appart, et m’a appris les base du mix quand j’étais en convalescence. Un jour, des amis de Rave Records m’ont booké pour « rigoler » je ne le savais pas avant la dernière minute (octobre 2022 - Maxine’s, les origines !)
Alors j’ai du trouver un nom de scène, et je me suis dit « Je ne peux plus danser, mais je vais faire danser les gens » j’ai donc inverser le sens de lecture de mon nom de danseuse STTIK qui est devenu mon nom de scène KiTTS

Finalement le simple délire entre potes s’est transformé en réel projet professionnel (big-up à Guillaume et Gauthier au passage)

Question 5 : Quels sont tes projets pour l’avenir dans la musique ?

KiTTS: Je vais maintenant beaucoup plus me concentrer sur la production musicale et me faire voir / entendre partout en essayant d’élargir le scope de diffusion dans le monde. Je veux vraiment faire découvrir mon univers artistique et essayer de revenir aux bases de l’underground en France.
Paradoxalement, aujourd’hui nous devons nous montrer sur les réseaux, quitte à montrer de sa vie privée pour gagner en visibilité et accessoirement des abonnés. Or, le vrai underground ne rentre pas dans ces règles. La priorité no1 pour moi sera donc de trouver cet équilibre entre « ne pas publier des trends que tout le monde fait » et « gagner en visibilité »

Question 6 : Comme tu le sais, notre site est dédié à la vie nocturne à Berlin. Est-ce que pour toi, mixer dans la capitale de la techno est un objectif ou un souhait ?

KiTTS: Sans hésitation, c’est clairement un grand objectif dans ma carrière. Je sens que je m’y retrouverais à 10000%

Question 7 : Que penses-tu de la scène techno à Lyon, de ses clubs et de ses événements ?

KiTTS:

J’ai connu la scène lyonnaise il y a plus de 10 ans, j’ai clairement vu l’évolution : plus rien n’est pareil !

  • beaucoup de lieux ferment
  • les styles de techno tendances ont complètement changé (style de prédilection à Lyon : Hard Techno) il y a donc pratiquement que des évènements de ce style-là à Lyon
  • j’ai sûrement vieilli mais le public a aussi changé

J’avoue maintenant moins apprécier les soirées quand je sors, je n’ai plus la re-découverte de l’époque. Plus rien ne m’étonne. Est-ce parce que je suis aussi dans ce milieu en tant que DJ ?
Les réseaux ont un réel impact sur l’organisation des soirées
Je me souviens sortir sans savoir qui j’allais voir et pourtant apprécier chaque soirée, il n’y a plus vraiment ce mindset aujourd’hui, comme si les gens étaient finalement moins ouverts d’esprit sur les nombreux styles de la musique électronique.

Question 8 : Face à l’essor considérable de la scène techno en France et à l’international, le nombre de DJ a lui aussi explosé. Penses-tu que cette démocratisation se fait parfois au détriment de la qualité musicale ?

KiTTS: C’est un oui catégorique pour ma part. Il y a un effet de dilution. Beaucoup suivent des tendances plutôt que de suivre un univers. C’est justement pour ça que je tiens à rester fidèle à mon identité plutôt que de courir après ce qui marche ailleurs. Ou alors ça aurait pu marcher si j’avais souhaité être DJ de mariage/salle des fêtes (sans dénigrer ces DJ là, ce sont simplement des parcours différents)

Question 9 : Comment gères-tu ta carrière ? As-tu une équipe avec toi pour gérer ta communication, tes bookings, etc. ?

KiTTS: J’ai été en agence chez Onesh il y a peu, pour des soucis en interne dont je ne connais l’origine, je suis de nouveau seule mais ce qui me convient parfaitement, à mon niveau, j’estime qu’une agence n’est pas encore nécessaire

Question 10 : Arrives-tu à vivre de ta passion de DJ à plein temps, ou as-tu une autre activité professionnelle à côté ?

KiTTS: Malheureusement je ne peux pas aujourd’hui vivre uniquement de la musique. J’ai un travail à côté dans l’informatique que j’adore aussi. Simplement le rythme est très dur à garder et à supporter, je dirais que c’est actuellement ma plus grosse difficulté.

Question 11 : Selon ton expérience et ton parcours, penses-tu que Berlin est une référence dans le monde de la musique électronique ? Est-ce une ville qui ressort souvent dans les objectifs de mix ?

KiTTS: Oui sans hésiter. Berlin a façonné une grande partie de l’identité électronique underground actuelle. C’est un point de repère presque incontournable dans mon style.

Question 12 : As-tu déjà mixé dans des clubs ou des événements qui appliquent la politique du "no photo, no video" ? En tant qu’artiste émergente, quel est ton regard sur ce concept ?

KiTTS: Oui, j'ai déjà vécu ce genre d'événements. Notamment des soirées plus orientées BDSM, organisées par une structure très reconnue en France, qui s'inspire justement des codes berlinois : anonymat, confidentialité, liberté totale d'expression. Ces politiques-là, dans ce contexte précis, prennent tout leur sens.

Mais l'expérience qui m'a vraiment marquée, c'est l'All Night Long de Klangkuester (19/06/2026), à la Halle Tony Garnier : une soirée que j'ai trouvée géniale, qui appliquait elle aussi le "no photo, no video".
C'est là que j'ai vu le vrai visage d'une partie du public d'aujourd'hui : des gens qui ne comprenaient pas, ou ne voulaient pas comprendre, les principes de l’underground, qui retiraient les pastilles posées sur les objectifs pour filmer quand même, chacun avec sa propre justification. Ce moment-là a été une vraie claque pour moi. Je crois que j'ai pris un coup de vieux ce soir-là.

Mais sur le fond, je suis totalement pour ce concept. On oublie trop souvent que la techno est née comme un mouvement de minorités, un espace pour vivre et s'exprimer pleinement, là où le quotidien ne le permettait pas.

Le "no photo, no video", ce n'est pas une contrainte, c'est ce qui protège cette liberté-là. La perdre, c'est perdre l'essence même de ce qu'on est censés célébrer.

Merci beaucoup pour ton temps 🙂
Fabien & Guillaume

Merci à vous <33
KiTTS

Version française originale de l'interview

Remerciement

Merci à Alexandra que nous avons rencontré en personne à plusieurs reprises sur Lyon et qui a toujours été super accessible ! Mais aussi aux artistes, aux clubs , à nos lecteurs et à nos fidèles followers qui nous permettent de réaliser nightlife-in-berlin.com et à promouvoir du contenu de qualité pour notre communauté.

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