L'interview de Daven Teers : DJ résident du célébre Kitkat Club à Berlin
Nous avons le plaisir de vous présenter une nouvelle interview exclusive de Daven Teers, un DJ populaire à Berlin qui a su se livrer à travers une interview authentique et unique sur son parcours autour de la techno et de son installation à Berlin. Nous espérons que son interview vous plaira.
Nous avons envoyé les questions en allemand pour Daven puis nous les avons traduites en français exclusivement pour vous. Vous trouverez l'originale en bas de l'article si vous êtes à l'aise en allemand.
12 questions sur la vie nocturne berlinoise en tant qu'artiste
Question 1 : Es-tu originaire de Berlin ? Peux-tu nous retracer ton parcours de DJ : tes débuts, ton évolution et nous dire si tu joues uniquement en Allemagne ou aussi à l’international ?
Daven: Je ne suis pas originaire de Berlin, je viens de la région d’Augsbourg (Bavière), mais Berlin est depuis de nombreuses années mon foyer musical. La ville a façonné mon son comme rien d’autre. J’ai commencé de manière classique dans de petites soirées locales, puis j’ai progressivement joué dans différents clubs, en affinant toujours davantage mon propre style.
Mon évolution n’a jamais été planifiée – j’ai simplement profité de chaque nuit pour m’améliorer. La résidence au Nachspiel – KitKat Club est arrivée grâce à une bonne amie : j’y ai joué, l’énergie était immédiatement là, et nous avons su que cela collait parfaitement.
Je joue régulièrement en Allemagne, mais aussi à l’international – notamment en Autriche, en France, en Suisse et même déjà à Bali – et je continue de développer cela.
Question 2 : Ton style musical est la “space techno”. Peux-tu nous expliquer en quoi consiste ce genre électronique ?
Daven: La Space Techno, pour moi, c’est un mélange de puissance, de profondeur et d’énergie futuriste. J’aime les éléments hypnotiques, les basslines entraînantes et une certaine « apesanteur » dans le son.
Ce n’est pas du techno pur, ni du melodic pur – mais une connexion entre des éléments atmosphériques et cosmiques, et des drops durs et percutants.
Ce son ne doit pas seulement te faire danser, mais aussi te donner l’impression d’atterrir sur une autre planète.
Question 3 : Comment gères-tu tes bookings, ta communication, ton image et ta direction artistique ?
Daven: Je travaille de manière structurée : mes bookings passent par mon adresse mail officielle, j’utilise les réseaux sociaux de façon active et réfléchie, et mon image se construit à travers ce que j’incarne musicalement et visuellement.
Il est important pour moi que la communication avec les organisateurs reste directe, honnête et simple.
Artistiquement, je m’oriente clairement vers mon propre style – futuriste, énergique, émotionnel – et je le développe continuellement sans jamais me dénaturer.
Question 4 : T’arrive-t-il de proposer des sets dans d’autres types de clubs ou pour d’autres formats de soirées ?
Daven: Oui, complétement. Même si je suis lié à la scène berlinoise, je joue aussi dans des festivals, des open-airs, des événements en warehouse et dans des clubs qui ne sont pas spécialement « kinky » ou alternatifs.
Un bon techno fonctionne partout – tant que l’énergie est au rendez-vous.
Question 5 : Dans le clubbing berlinois, est-il important de respecter une véritable direction artistique, que ce soit dans le style vestimentaire, l’attitude ou même la gestuelle pendant le mix ?
Daven: Berlin vit du fait que tu peux être qui tu veux. Bien sûr, chaque club a ses propres vibes, mais je pense que l’authenticité est plus importante que n’importe quelle règle de style.
Je porte ce dans quoi je me sens bien et je bouge selon ce que le moment demande. Berlin ressent immédiatement si tu es vrai – c’est le véritable code.
Question 6 : Nous posons cette question à tous les DJs berlinois : pour nous, Berlin est la capitale de la musique électronique et des soirées underground, avec une atmosphère unique qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Partages-tu cette vision ?
Daven: Absolument. Berlin possède quelque chose d’inimitable – un mélange de liberté, de créativité et d’un esprit underground presque sans limites. La ville vit la musique électronique non seulement la nuit, mais 24h/24.
Ce qui rend Berlin particulièrement unique, ce n’est pas seulement la culture des clubs, mais l’état d’esprit qui la sous-tend : ouverture, audace, communauté, goût pour l’expérimentation.
Pour moi, Berlin est plus qu’un lieu – c’est un sentiment.
Et oui, cette atmosphère dans une telle intensité, on ne la trouve nulle part ailleurs.
Question 7 : Tu es résident dans l’un des clubs les plus emblématiques de Berlin : le KitKat. Comment as-tu réussi à y obtenir le statut durable de DJ résident ?
Daven: Par la dévotion, la présence et le bon moment. J’y ai joué sans rien attendre – et l’étincelle a jailli.
Une super amie a vu que je comprenais l’esprit du club, et j’ai senti que ma musique y était exactement à sa place.
Une résidence n’est pas quelque chose que l’on « planifie ». Cela arrive quand le son, l’énergie et la personnalité s’accordent parfaitement.
Question 8 : Le KitKat est connu pour son ambiance très “kinky”. Tu joues également dans d’autres clubs de ce genre. Était-ce une volonté de ta part de te spécialiser dans les lieux au caractère sulfureux ?
Daven: Je ne parlerais pas de spécialisation – je me sens simplement à l’aise dans des lieux où la liberté est primordiale.
Les clubs « kinky » comme le KitKat ont une ouverture particulière, une énergie singulière.
Pour moi, cela correspond parfaitement au type de techno que je joue.
Question 9 : Certaines personnes qui liront cette interview ne connaissent peut-être pas réellement la notion de “kinky”. Comment décrirais-tu ce que représente une soirée de ce type ?
Daven: Liberté, respect et un espace sans jugement.
Les gens viennent pour s’exprimer pleinement pas seulement en dansant, mais dans tous les aspects. Vêtements, corps, expression tout est permis, rien n’est imposé.
Musicalement, c’est intense, physique, immédiat. Et l’atmosphère est souvent plus chaleureuse et authentique que dans les clubs classiques.
Question 10 : Dans les soirées kinky, existe-t-il des codes musicaux particuliers ? Le style doit-il suivre une ligne définie ou chaque DJ est-il libre de jouer ce qu’il souhaite ?
Daven: Le son peut être puissant, sombre, énergétique – mais il n’y a aucune règle.
En tant que DJ, tu as beaucoup de liberté tant que tu comprends l’ambiance dans la salle et que tu la diriges correctement.
On joue pour des personnes qui veulent plonger profondément – et cela te pousse à rester créatif.
Question 11 : On observe très peu de soirées kinky en France. Penses-tu que ce concept est difficile à exporter ou à organiser en dehors de Berlin ?
Daven: Ce n’est pas impossible, mais il faut le cadre culturel approprié.
Les événements « kinky » ne fonctionnent que si le respect, la sécurité et la liberté sont présents en même temps.
Berlin est unique à cet égard – mais d’autres villes commencent peu à peu à rattraper leur retard.
Question 12 : Le fait d’être étiqueté comme DJ résident du KitKat, un club connu pour son ambiance très libérée, peut-il te fermer certaines portes ou t’empêcher d’accéder à certains projets ou lieux de mix ?
Daven: Peut-être pour certains projets un peu plus « commerciaux » – mais honnêtement : je reste fidèle à mon parcours.
Être résident au KitKat signifie faire partie de l’une des cultures club les plus légendaires au monde.
Si quelqu’un a un problème avec ça, ce n’était de toute façon jamais le bon partenaire. Pour les bonnes portes, cela ouvre plus qu’il ne ferme.
Version allemande de l'interview
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Remerciement
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